« Pierre de Vallombreuse s’est engagé, utilisant le témoignage photographique, pour l’existence et la survie de tous les peuples victimes historiquement des États nationaux et dont les civilisations sont victimes de notre civilisation. Il s’est découvert dans sa propre humanité en découvrant leur humanité. Dans ce combat, s’est révélé également le sens de sa vie ».  Edgar Morin

Pierre de Vallombreuse, né à Bayonne en 1962, ressent très tôt l’envie d’être un témoin de son temps au contact de Joseph Kessel, grand ami de ses parents.

En 1984, il rentre à l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris avec l’idée de faire une carrière de dessinateur de presse. Mais un voyage à Bornéo l’année suivante va bouleverser le cours de sa vie. Il partage en effet son quotidien avec les Punans, derniers nomades de la jungle. D’artiste sédentaire, il décide de devenir un témoin nomade, et la photographie devient son mode d’expression. Toujours étudiant aux Arts Décoratifs de Paris, il passe de longs séjours répétés dans la jungle des Philippines aux côtés des Palawans. Au total, il vivra avec eux plus de quatre ans. Une première partie de son travail sur les Palawans est présentée lors du prestigieux festival photographique « Les Rencontres Internationales de la Photographie d’Arles » en 1988.

Il a été secrétaire général de l’Association Anthropologie et Photographie (université Paris VII) créée par Edgar Morin, Emmanuel Garrigues, et Jean Malaurie. Il a publié 9 livres et exposé son travail dans des festivals, musées, et des galeries. Il collabore régulièrement avec de grands magazines internationaux : Newsweek, El Mundo, El País, La Stampa, Le Monde, Camera, GEO, Réponses Photo, Figaro Magazine, National Geographic.

Depuis 1986, ce photographe témoigne inlassablement de la vie des peuples autochtones sur les cinq continents. Il a constitué un fond photographique unique sur 43 peuples en constante évolution, rendant ainsi hommage à la précieuse diversité du monde. Chaque peuple souligne la multiplicité des réponses aux conditions de vie imposées par la nature et l’histoire. La lecture du livre « Tristes Tropiques » de Claude Lévi-Strauss, éclaire sa trajectoire : comme l’anthropologue, Pierre de Vallombreuse nous fait découvrir la réalité complexe de leurs modes de vie et se bat pour le respect et la juste représentation de ces populations fragilisées, dont l’héritage nous est vital.

Son travail est un cri d’alarme. Il se structure autour de grands projets se déroulant sur plusieurs années : Peuples, Hommes Racines, Souveraines, Les Nomades Badjao, La Vallée…  Leur vocation est d’alerter le public sur le sort de ces peuples car loin de l’exotisme surannés primaire véhiculée autour d’eux, la réalité qu’il nous montre à travers la photographie est toute autre : celle d’un combat pour leur survie.

Ces populations sont trop souvent les premières victimes de génocides, de guerres, d’idéologies racistes, de prédations économiques, de pénuries alimentaires, de désastres écologiques et de « l’intégration désintégrante » dont parle Edgar Morin. Autant de questions cruciales qui, loin d’être cantonnées à ces territoires plus ou moins reculés, concernent notre humanité.